Presse :  Articlé paru le 10 Août 2007 Menu des articles de presse Article de presse précédent Article de presse suivant
     

Le coup de blues d'un cafetier de campagne


PAS facile d'être patron de café à la campagne, qui plus est à deux pas de la frontière belge. Séraphin Pereira De Azevedo en sait quelque chose. Quand ce Carolo de naissance décide en 2001 de reprendre le café-épicerie de Givonne, il flaire là une belle affaire. La suite ne lui a pas donné raison.

Le café et ses dépendances (tabac auparavant, épicerie, jeux à gratter, presse) attirent trop peu de monde pour faire tourner la machine. Pourtant le Rallye franco-belge est le seul café dans un rayon de 5 kilomètres : pas un zinc à Illy, La Chapelle, Villers-Cernay et Daigny. Le premier au Nord se situe à la douane, les autres à Sedan.

« C'est le tabac qui a échoué en premier », explique le cafetier. « Les hausses de 2003 ont été trop brutales. A 12 kilomètres de la Belgique et 80 du Luxembourg, personne n'aurait pu résister. »

Les chiffres sont éloquents. Alors qu'en 2003 il passe des commandes en cigarettes pour un montant de 20 000 euros, ses commandes chutent en 2006 à 4500 euros. Il en vendait trop peu : fin 2006, il décide de ne plus en vendre du tout.

Un échec n'arrive pas seul. L'épicerie qui jouxte le café se porte mal aussi. « Elle existait déjà à mon arrivée. Nous l'avons changé de place et agrandie mais les résultats n'ont pas été au rendez-vous. »
Le chiffre d'affaires prévisionnel tablait sur 600 euros par jour (6 euros dépensés par 10 % de la population, soit 100 habitants). « On était complètement à côté de la plaque, reconnaît Séraphin. On est à peine à la moitié… »

Son regret : « il y a une différence entre ce que disent les gens et ce qu'ils font. Beaucoup me disent : « C'est bien que vous assuriez un commerce de proximité », mais ils ne s'impliquent pas dans l'aventure. » Traduction : ils n'y vont pas assez.
Pourtant Séraphin n'est « pas fou » : « je sais bien que les gens font les grosses courses au supermarché. Mais pour tous les dépannages, ils ont tendance à y retourner, alors que cela fait des kilomètres et qu'il y a ma boutique. »

Récemment, Séraphin et son épouse ont été contraints de se mettre en redressement judiciaire. « On espère s'en sortir, car ce serait malheureux de tout perdre. »
Mais il redoute encore l'interdiction de fumer dans les cafés le 1er janvier. « S'ils cherchaient à fermer les cafés des petits villages, ils ne s'y prendraient pas autrement ! »
Lorsqu'on sait qu'il y a quelque décennies, Givonne comptait cinq cafés et deux épiceries, on se dit que l'horizon des cafés de village s'assombrit décidément bien vite.
Séraphin espère pourtant que le sien va se dégager. Depuis plusieurs mois il accueille des manifestations pour faire venir le chaland.
Après avoir reçu cet hiver les amateurs de belote, puis un groupe à la fête de la musique, il reçoit ce soir un concert de musette. En espérant que ce ne soit pas le chant du cygne du Rallye.

Guillaume Lévy

Devant le Rallye franco-belge à Givonne, le patron Séraphin Pereira De Azevedo, entouré de Stéphane Ferré et Frédéric Hottin du restaurant voisin « Ma Campagne », attendent les clients.



















 


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